Archive for octobre, 2007

MANIFESTE DE RIO

MANIFESTE DE RIO

MANIFESTE DU RIO NEGRO

DU NATURALISME INTEGRAL


L’Amazone constitue aujourd’hui sur notre planète l’ultime réservoir refuge de la nature intégrale.

Quel type d’art, quel système de langage peut susciter une telle ambiance exceptionnelle à tous points de vue, exorbitante par rapport au sens commun ? Un naturalisme de type essentialiste et fondamental, qui s’oppose au réalisme et à la continuité de la tradition réaliste, de l’esprit réaliste au delà de la succession de ses styles et de ses formes. L’esprit du réalisme dans toute l’histoire de l’art n’est pas l’esprit du pur constat, le témoignage de la disponibilité affective. L’esprit du réalisme est la métaphore, le réalisme est la métaphore du pouvoir, pouvoir religieux, pouvoir d’argent à l’époque de la Renaissance, pouvoir politique par la suite, réalisme bourgeois, réalisme socialiste, pouvoir de la société de consommation avec le pop-art.

Le naturalisme n’est pas métaphorique. Il ne traduit aucune volonté de puissance mais bien un autre état de la sensibilité, une ouverture majeure de la conscience. La tendance à l’objectivité du constat traduit une discipline de la perception, une pleine disponibilité au message direct et spontané des données immédiates de la conscience. Du journalisme, mais transféré dans le domaine de la sensibilité pure, l’information sensible sur la nature. Pratiquer cette disponibilité par rapport au donné naturel, c’est admettre la modestie de la perception humaine et ses propres limites, par rapport à un tout qui est une fin en soi. Cette discipline dans la conscience de ses propres limites est la qualité première du bon reporter : c’est ainsi qu’il peut transmettre ce qu’il voit en dénaturant le moins possible les faits.

Le naturalisme ainsi conçu implique non seulement la plus grande discipline de la perception, mais aussi la plus grande ouverture humaine. En fin de compte la nature est, et elle nous dépasse dans la perception de sa propre durée. Mais dans l’espace-temps de la vie d’un homme la nature est la mesure de sa conscience et de sa sensibilité.

Le naturalisme intégral est allergique à toute sorte de pouvoir ou de métaphore du pouvoir. Le seul pouvoir qu’il reconnaît n’est pas celui, purificateur et cathartique de l’imagination au service de la sensibilité.

Ce naturalisme est d’ordre individuel, l’option naturaliste opposée à l’option réaliste est le fruit d’un choix qui engage la totalité de la conscience individuelle. Cette option n’est pas seulement critique, elle ne se limite pas à exprimer la crainte de l’homme devant le danger que fait courir à la nature l’excès de civilisation industrielle à la conscience planétaire. Nous vivons à une époque de double bilan. A la fin du siècle s’ajoute la fin du millénaire, avec tous les transferts de tabous et de paranoïa collective que cette récurrence temporelle implique, à commencer par le transfert de la peur de l’an 1000 sur la peur de l’an 2000, l’atome à la place de la peste.

Nous vivons ainsi une époque de bilan. Bilan de notre passé ouvert sur notre futur. Notre premier Millénaire doit annoncer le Second. Notre civilisation judéo-chrétienne doit préparer sa Seconde Renaissance. Le retour à l’idéalisme en plein XXe siècle super-matérialiste, le regain d’intérêt pour l’histoire des religions et la tradition de l’occultisme, la recherche de plus en plus pressante de nouvelles iconographies symbolistes, tous ces symptômes sont la conséquence d’un processus de dématérialisation de l’objet initié en 1966 et qui est le phénomène majeur de l’histoire de l’art contemporain en Occident.

Après des siècles de  » tyrannie de l’objet  » et sa culminance dans l’apothéose de l’aventure de l’objet comme langage synthétique de la société de consommation, l’art doute de sa justification matérielle. Il se dématérialise. Il se conceptualise. Les démarches conceptuelles de l’art contemporain n’ont de sens que si elles sont examinées à travers cette optique autocritique. L’art s’est lui même mis en position critique. Il s’interroge sur son immanence, sa nécessité, sa fonction.

Le naturalisme intégral est une réponse. Et justement par sa vertu d’intégrisme, c’est-à-dire de généralisation et d’extrémisme de la structure de la perception, soit de planétarisation de la conscience, il se présente aujourd’hui comme une option ouverte, un fil directeur dans le chaos de l’art actuel. Autocritique, dématérialisation, tentation idéaliste, parcours souterrains symbolistes et occultistes : cette apparente confusion s’ordonnera peut-être un jour à partir de la notion de naturalisme, expression de la conscience planétaire.

Cette restructuration perceptive correspond à une véritable mutation et la dématérialisation de l’objet d’art, son interprétation idéaliste, le retour au sens caché des choses et à leur symbologie, constituent un ensemble de phénomènes qui s’inscrivent comme un préambule opérationnel à notre Seconde Renaissance, l’étape nécessaire à la mutation anthropologique finale.

Nous vivons aujourd’hui deux sens de la nature. Celui ancestral du donné planétaire. Celui moderne de l’acquis industriel urbain. On peut opter pour l’un ou pour l’autre, nier l’un au profit de l’autre, l’important C’est que ces deux sens de la nature soient vécus et assumés dans l’intégrité de leur structure ontologique, dans la perspective d’une universalisation de la conscience perceptive. Le Moi embrassant le Monde et ne faisant qu’un avec lui, dans l’accord et l’harmonie de l’émotion assumée comme l’ultime réalité du langage humain.

Le naturalisme comme discipline de la pensée et de la conscience perceptive est un programme ambitieux et exigeant, qui dépasse de loin les perspectives écologiques actuellement balbutiantes. Il s’agit de lutter beaucoup plus contre la pollution subjective que contre la pollution objective, la pollution des sens et du cerveau, beaucoup plus que celle de l’air ou de l’eau.

Un contexte aussi exceptionnel que l’Amazone suscite l’idée d’un retour à la nature originelle. La nature originelle doit être exaltée comme une hygiène de la perception et un oxygène mental : un naturalisme intégral, gigantesque catalyseur et accélérateur de nos facultés de sentir, de penser et d’agir.

Pierre Restany, Haut Rio Negro, jeudi 3 août 1978
En présence de Sepp Baendereck et de Frans Krajcberg

octobre 18, 2007 Posté dans Non classé

FRANS KRAJCBERG

FRANS KRAJCBERG

FRANS KRAJCBERG PARRAINE LA DEMARCHE DE C’OSMOSE

Tout le monde connaît Frans Krajcberg. Le sculpteur mondialement reconnu, l’ardent défenseur de la forêt amazonienne, et le dernier signataire vivant du manifeste du Rio Negro.

La présidente de C’osmose, accompagnée de Jean Claude Lambert est allée à sa rencontre. Tous deux, depuis longtemps, étaient sensibles à sa démarche. Quelques mails échangés avec son espace parisien, quelques entretiens téléphoniques, et un premier échange à l’inauguration d’une sculpture de Frans à Arcueil.

Puis c’est LA rencontre, à son domicile, entre l’immense artiste, son ami José (que nous saluons ici au passage), Jean Claude Lambert et la Présidente. Un entretien d’une heure, au cours de laquelle nous lui présenterons en détail notre démarche autour du parc de sculptures monumentales de la Petite Fournerie.

Rencontre_krajcberg_8

ET… Frans Krajcberg accepte d’être le parrain de C’osmose, et de nous soutenir!

Il a été très sensible à nos projets, et au fait que le parc soit élaboré sur un ancien champ cultivé de façon moderniste.

« Nous allons ici ouvrir les portes du 21ème siècle, et créer un endroit magique, en dehors de Paris, où il ne se passe plus rien ».

Frans viendra nous rendre visite très bientôt, et nous espérons pouvoir répondre à son invitation et aller le voir chez lui, au Brésil.

Frans, de tout coeur, merci!

De belles collaborations en perspective, et une magnifique reconnaissance pour notre association.

Si vous souhaitez connaître le manifeste de Rio, cliquez sur la page correspondante sur notre site.

Si vous souhaitez mieux connaître Frans et son oeuvre, cliquez sur le lien suivant :Frans Krajcberg

Et continuez de suivre notre actualité sur le blog!

octobre 18, 2007 Posté dans Non classé

La petite Fournerie enregistrée sur un site mondial

La petite Fournerie enregistrée sur un site mondial

Le parc de la Petite Fournerie est désormais présent sur 123musées.

Un site qui recense les endroits extraordinaires de la planète, musées des cinq continents et autres curiosités.

Notre parc est classé coup de coeur, parmi les plus populaires. En vous rendant sur ce site, vous retrouverez  un visuel du parc et de ses mégalithes, la présentation de la démarche de Jean Claude Lambert, et un extrait du film tourné par ATV cet été.

Pour y aller, suivez le guide : 123musées

octobre 7, 2007 Posté dans PARTENAIRES